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La note de synthèse est l’une des épreuves phares du CRFPA. Moins axée sur les connaissances juridiques, cette épreuve met davantage l’accent sur des compétences transversales telles qu’une analyse précise d’un dossier documentaire, une capacité de synthèse et des qualités rédactionnelles. Souvent source d’appréhension, elle récompense avant tout les candidats méthodiques, aptes à structurer l’information de façon claire et lisible.
Présentation de l’épreuve de note de synthèse
La note de synthèse fait partie des épreuves écrites du tronc commun du CRFPA. Assortie d’un coefficient 3, elle dure 5 heures. Elle consiste à analyser un dossier documentaire composé de textes législatifs, de décisions de justice (Cour de cassation, Conseil d’État, Conseil constitutionnel, CJUE, CEDH), de coupures de presse et d’articles doctrinaux.
L’exercice ne nécessite pas de connaissances juridiques spécifiques sur la thématique abordée. Bien au contraire le candidat doit produire, en quatre pages manuscrites, une synthèse claire, structurée et fidèle au contenu du dossier, sans ajout personnel ni prise de position. Il s’agit de dresser un état du droit positif applicable au sujet proposé, en restituant objectivement les éléments du dossier.
La thématique peut porter sur un domaine juridique précis, un sujet de société ou une question d’actualité. C’est ce qui fait la particularité de l’épreuve : elle ne nécessite pas de révisions ciblées, mais exige un entraînement régulier à la lecture rapide, à l’analyse structurée et à la rédaction de synthèse.
Elle permet ainsi d’évaluer une compétence fondamentale de l’avocat : l’esprit de synthèse.
Note de synthèse et dissertation : deux logiques différentes
La note de synthèse ne doit pas être confondue avec la dissertation juridique, même si les deux partagent une apparence commune : celle d’un devoir rédigé et structuré. En réalité, elles obéissent à des logiques profondément différentes.
Là où la dissertation attend du candidat une démonstration personnelle construite autour d’un raisonnement juridique, la note de synthèse impose une posture bien distincte : neutralité, objectivité et fidélité aux documents. Il ne s’agit pas de discuter mais bien d’extraire l’essentiel du dossier pour en restituer les idées.
Cette épreuve évalue des compétences directement transposables à la pratique professionnelle : capacité d’analyse rapide, sélection pertinente de l’information, structuration efficace, maîtrise du temps et restitution concise des informations sélectionnées dans un style juridique. Le candidat agit ici en juriste praticien, chargé de faire ressortir les éléments utiles à la compréhension d’un dossier, sans y injecter ses propres connaissances ni prises de position.
Une épreuve exigeante, rarement pratiquée à l’université
La note de synthèse est souvent redoutée par les candidats, et pour cause : elle constitue un exercice à part, rarement (voire jamais) pratiqué dans les cursus universitaires classiques. Les étudiants issus des facultés de droit la découvrent généralement en préparant le CRFPA.
À l’inverse, les élèves passés par des Instituts d’études politiques ou des écoles de commerce ont parfois été exposés à un exercice proche, celui de la contraction de texte, sans que cela suffise à en maîtriser les exigences spécifiques.
Ce décalage constitue l’un des grands paradoxes de l’épreuve : bien qu’absente des formations universitaires, la capacité à traiter rapidement un dossier complexe est une compétence centrale dans la pratique du droit. Lire vite, trier l’information, synthétiser avec rigueur : autant de réflexes que cette épreuve met à l’épreuve de manière directe.
Méthodologie attendue à l’épreuve de note de synthèse
Les bonnes pratiques pour réussir l’épreuve
Comme tout exercice technique, la note de synthèse s’apprend par la pratique. Plus elle commence tôt, plus le candidat développera les bons réflexes de lecture, de sélection et de rédaction. Seul un entraînement sérieux et régulier permettra au candidat de gérer son temps, d’aller à l’essentiel et de maîtriser la méthodologie.
Voici cependant quelques étapes essentielles pour maîtriser cet exercice :
- Analyser l’intitulé du sujet : identifier les mots-clés, les limites temporelles ou matérielles du sujet, et anticiper les enjeux qui guideront la lecture du dossier.
- Repérer la structure du dossier : le dossier comprend une trentaine de pages. L’enjeu est de balayer rapidement le contenu du dossier pour cerner la nature des documents et distinguer ceux à lire en profondeur de ceux à survoler.
- Lire de manière ciblée : lire en diagonale pour repérer les informations centrales, tout en annotant ou surlignant les idées clés. Repérer les doublons, oppositions ou complémentarités entre les documents.
- Construire un plan logique et structuré : bien que la structuration soit libre, celui-ci s’avère déterminant puisqu’il est la preuve à la fois de la bonne compréhension du sujet et de la teneur de l’exercice par le candidat. Généralement, le candidat préfèrera un plan en deux parties et deux sous-parties. Rapprochez-vous de vos IEJ pour connaître les éventuelles consignes et exigences particulières.
- Justifier chaque information par un document : Mentionner systématiquement la référence du document mobilisé pour restituer les informations. Le non-respect de ce point de méthodologie est sévèrement sanctionné.
- Respecter le format de l’épreuve : la synthèse doit tenir en quatre pages manuscrites. Seules les informations issues du dossier doivent être utilisées.
- Soigner la qualité de la rédaction : attention à l’orthographe, la syntaxe et la lisibilité de l’écriture. Les correcteurs attendent une expression fluide, précise et dénuée de fautes.
- Gérer efficacement son temps : réserver du temps pour la relecture finale. Un bon découpage de la durée de l’épreuve est souvent déterminant pour une copie réussie.
Une épreuve de 5 heures : comment bien gérer son temps ?
Cinq heures, cela peut sembler long. En réalité, c’est souvent juste. La réussite repose sur une organisation rigoureuse et un enchaînement méthodique des étapes : lecture du sujet, lecture et analyse du dossier, élaboration du plan, rédaction de la copie, relecture.
Certains candidats prennent plus de temps pour analyser le dossier, d’autres rédigent rapidement mais peinent à structurer un plan clair. Il n’existe pas de modèle unique, seulement une exigence : respecter strictement la limite des 5 heures.
C’est pourquoi un entraînement régulier est essentiel pour identifier vos automatismes, corriger vos faiblesses et gagner en efficacité sans sacrifier la qualité.
Pour aller plus loin, découvrez notre vidéo dédiée à la gestion du temps lors de l’épreuve. Elle vous guide pas à pas pour construire une méthode de travail réaliste et personnalisée.
Comprendre les critères de notation de la note de synthèse
Au-delà de la méthodologie, réussir la note de synthèse, c’est aussi comprendre les critères concrets sur lesquels vous serez évalué. Trop souvent, les candidats travaillent sans avoir une vision claire des attentes précises des correcteurs. Résultat : des efforts mal orientés, des points perdus inutilement.
Cette vidéo est une ressource précieuse à consulter avant de vous lancer dans vos premiers entraînements, et à garder en tête tout au long de votre préparation.
Se préparer avec la Prépa Dalloz
La Prépa Dalloz place la pratique régulière au cœur de la montée en compétence du candidat. Tout au long de l’année, des webclasses de méthodologie, des entraînements encadrés et des corrections détaillées permettent de s’exercer dans les meilleures conditions. Chaque devoir est l’occasion de mettre en œuvre les acquis, de développer les bons réflexes et de bénéficier d’un retour individualisé, assuré par nos enseignants.
Notre approche repose sur :
- Des séances de correction enrichies de rappels méthodologiques pour comprendre les attentes précises de l’épreuve ;
- Des classes à effectif limité, favorisant l’échange et la personnalisation du suivi ;
- Une plateforme e-learning, MyPrépaDalloz, pour s’entraîner à son rythme, consulter ses corrections annotées et échanger facilement avec les professeurs.
Chaque entraînement permet d’affiner sa méthode de travail, d’identifier ses points forts et d’adapter ses révisions en fonction des difficultés rencontrées. L’approche Dalloz, à la fois rigoureuse et humaine, permet au candidat de développer des réflexes juridiques solides, tout en travaillant la gestion du stress et la transmission des automatismes à l’épreuve.
Loin d’un cadre rigide, notre méthodologie évolue grâce à l’expérience d’enseignants familiers de l’épreuve, souvent eux-mêmes examinateurs au CRFPA. Nos supports, conçus en interne, suivent fidèlement le programme défini par le Conseil National des Barreaux.
Enfin, l’accès privilégié aux ressources Dalloz (doctrine, codes, décisions de justice) permet à chaque candidat de saisir les grands enjeux contemporains du droit et de maintenir à jour ses connaissances.
Quelques conseils pour briller à l’épreuve de note de synthèse
Nos astuces
La note de synthèse demande rigueur, méthode et précision. Voici quelques conseils pratiques pour vous entraîner efficacement et gagner en sérénité le jour J :
- Travaillez les anciens sujets : repérez les thèmes récurrents et affinez votre méthodologie. Mais ce n’est pas tout : en vous confrontant à de vrais sujets, vous apprenez aussi à mieux vous connaître, en identifiant les étapes où vous êtes le plus à l’aise, celles qui vous demandent plus d’efforts, et vous commencez à évaluer votre rythme de travail réel. C’est ainsi que vous pourrez progressivement adapter votre gestion du temps et gagner en efficacité.
- Analysez soigneusement l’intitulé du sujet : chaque mot a son importance et oriente votre lecture. Par exemple, le mot « perspectives » implique que vous serez amené à examiner l’état du droit positif applicable au sujet proposé et, en même temps, à vous intéresser à ce que sera l’état du droit futur. Une bonne compréhension des termes du sujet est la clé d’une analyse pertinente.
- Lisez activement le dossier documentaire : surlignez les passages essentiels et reportez systématiquement l’idée principale de chaque document sur un brouillon. Pour rester organisé, consacrez un recto par document, numérotez les pages, et prévoyez en fin de brouillon un tableau de synthèse qui classe les documents par pertinence.
- Restez centré sur les documents fournis : aucune connaissance personnelle du sujet n’est requise. Ce qui compte, c’est votre capacité à restituer fidèlement les informations et raisonnements contenus dans le dossier. Inutile d’en rajouter : la rigueur dans la sélection et la structuration des idées suffit à faire la différence.
Les erreurs à éviter
Certaines erreurs reviennent régulièrement dans les copies et peuvent coûter cher. Mieux vaut les connaître pour les éviter :
La plus fréquente : faire l’impasse sur un ou plusieurs documents du dossier. Certains candidats pensent qu’un « document pivot » fera le travail de synthèse à leur place. C’est une erreur. Tous les documents sont liés au sujet et doivent être exploités et cités, sans exception.
Autre écueil courant : adopter une méthode de lecture désorganisée. Si la lecture chronologique peut rassurer, elle n’est pas toujours la plus efficace. Il est souvent plus pertinent de commencer par les documents les plus synthétiques (comme un article de presse ou une note de doctrine) pour saisir les grands enjeux du sujet, avant d’aborder les documents plus techniques. Ce type de lecture nécessite de la rigueur, mais il offre une vue d’ensemble précieuse.
Beaucoup de copies se contentent de citer les décisions de justice. Or, il ne suffit pas de les mentionner : il faut en extraire la solution juridique, en comprendre la portée, sans se perdre dans les faits ou les détails secondaires.
Même exigence pour les textes législatifs : inutile de les traiter dans leur globalité. Le candidat doit cibler les passages en lien direct avec la problématique posée. Une lecture trop exhaustive fait perdre du temps et nuit à la clarté de l’analyse.
La note de synthèse demande un style juridique clair et rigoureux, mais aussi fluide. Éviter les tournures lourdes, les listes trop mécaniques et les enchaînements mal construits. Le correcteur attend une copie lisible, argumentée et structurée.
Enfin, certains candidats recopient mot à mot ou presque les extraits du dossier. Cela traduit une mauvaise compréhension et nuit à l’évaluation de leur capacité d’analyse. L’objectif est de reformuler les idées, de les croiser et d’en extraire la logique juridique, pas de paraphraser.
