Face aux milliers de pages du Code Civil et aux jurisprudences infinies, beaucoup d’étudiants se lamentent : « Je n’ai pas de mémoire« . C’est faux. Vous n’avez pas une « mauvaise » mémoire, vous avez une mémoire non entraînée.
La mémoire n’est pas un disque dur inerte que l’on remplit, c’est une fonction biologique vivante qui repose sur la plasticité de vos neurones. Comme un muscle, elle se développe. Comment améliorer sa mémoire de façon durable ? Il ne s’agit pas seulement d’apprendre plus, mais d’apprendre mieux.
Comprendre la machine : Quels types de mémoire utilisez-vous ?
Pour travailler sa mémoire, il faut d’abord savoir de laquelle on parle. Pour le CRFPA, vous sollicitez principalement trois zones :
- La mémoire de travail (court terme) : C’est la mémoire immédiate, celle que vous utilisez pour retenir un numéro de téléphone le temps de le noter ou pour faire un calcul mental. Elle est très limitée (environ 7 informations simultanées). C’est elle qui sature quand vous essayez de tout apprendre d’un coup sans faire de pause.
- La mémoire sémantique (long terme) : C’est l’encyclopédie de votre cerveau. Elle stocke les connaissances théoriques, les concepts et le sens des mots (ex : la définition de la force majeure ou le contenu de l’article 1240 du Code civil). C’est le cœur de vos révisions.
- La mémoire procédurale (automatismes) : C’est la mémoire du « savoir-faire ». Au quotidien, c’est elle qui vous permet de conduire ou de faire du vélo sans y penser. Au CRFPA, c’est elle qui gère la méthodologie (ex : construire un syllogisme). Une fois acquise par la répétition, elle devient un réflexe incassable.
Visuelle, auditive ou kinesthésique : Faut-il choisir son camp ?
On entend souvent : « Je ne retiens rien en lisant, j’ai une mémoire auditive« . Attention, c’est un mythe scientifique. Les neurosciences ont démontré que nous n’avons pas un « style d’apprentissage » unique et cloisonné. Se limiter à un seul canal est une erreur qui bride vos performances.
Ce qui améliore la mémoire, c’est le double encodage (verbal + visuel), la récupération active et la variation des traitements de l’information.
La stratégie efficace n’est pas de choisir un canal, mais de combiner lecture, reformulation, schémas et rappel actif. La stratégie gagnante n’est pas de choisir un canal, mais de les cumuler :
- Lisez votre fiche (visuel).
- Récitez-la à voix haute en vous enregistrant (auditif).
- Marchez en la récitant ou écrivez-la (kinesthésique/moteur).
En multipliant les « portes d’entrée » vers l’information, vous multipliez les chances de la retrouver le jour de l’examen.
Les 3 étapes de la mémorisation (et comment les booster)
Le processus de mémorisation suit un cycle immuable. Si une seule étape manque, l’information est perdue (les fameux « trous de mémoire »).
Étape 1 : L’Encodage (L’attention)
C’est la porte d’entrée. Vous ne pouvez pas mémoriser ce que vous n’avez pas perçu attentivement.
- Le problème : Lire son cours en regardant une notification Instagram. L’information n’entre même pas dans la mémoire de travail.
- La solution : Améliorer sa concentration. Supprimez le multitâche. (Voir nos exercices dans l’article Concentration).
Étape 2 : La Consolidation (Le stockage)
C’est le moment où le cerveau transforme une trace fragile en souvenir solide dans la mémoire à long terme.
- Le secret : Cela se passe principalement la nuit. Le manque de sommeil empêche cette consolidation. C’est pour cela que les nuits blanches sont contre-productives. La régularité est aussi un principe de base à respecter : couchez-vous et levez-vous à la même heure. Vous avez du mal à dormir ? Voir nos conseils sur l’Insomnie et le Stress.
Étape 3 : La Récupération (Le rappel)
C’est la capacité à retrouver l’information.
- L’erreur classique : Relire son cours (passif).
- La solution : Aller chercher l’information soi-même. C’est le principe de l’active recall et des répétitions espacées (méthode des J) que nous avons détaillés dans des articles dédiés.
L’hygiène de vie : Le carburant des neurones
Vous ne pouvez pas demander à une Ferrari de rouler avec du sable dans le réservoir. Une bonne hygiène de vie est le prérequis des capacités cognitives.
- L’alimentation saine : Comme vu dans notre article Mémoire et Alimentation, privilégiez les Oméga-3 (poissons gras, noix) qui constituent la membrane des neurones, les fruits rouges (antioxydants) et le thé vert pour une vigilance douce. Mangez également du fer, il permet de fixer l’oxygène dont le cerveau a besoin.
- L’activité physique : Le sport n’est pas une perte de temps. Bouger oxygène le cerveau et favorise la création de nouveaux neurones (neurogenèse). Une simple marche de 30 minutes a un effet protecteur prouvé sur la mémoire.
- La gestion du stress : Le cortisol (hormone du stress) est toxique pour les neurones de l’hippocampe (siège de la mémoire). Pratiquer la respiration ou la sophrologie est donc un acte de mémorisation.
Stimuler sa mémoire au quotidien
Votre cerveau s’use si on ne s’en sert que pour une seule tâche. Pour booster votre agilité mentale, il faut varier les plaisirs, même en période de révision.
- Les liens sociaux : Expliquer un point de droit à un ami ou débattre d’un sujet d’actualité stimule la mémoire verbale et émotionnelle. L’isolement total est néfaste pour le cerveau.
- La nouveauté : Apprendre quelque chose de nouveau (quelques notes d’un instrument de musique, les règles d’un nouveau jeu de société) crée de nouvelles connexions synaptiques qui serviront aussi à vos révisions.
- L’écriture manuscrite : Ecrivez des fiches à la main. Le geste moteur de l’écriture ancre l’information plus profondément que la frappe au clavier.
Les techniques mnémotechniques (les « Hacks » du cerveau)
Parfois, la logique ne suffit pas. Pour retenir des listes arides ou des plans détaillés, utilisez l’association d’images.
Le palais mental (méthode des lieux)
Visualisez un lieu connu (votre appartement). Placez mentalement les concepts juridiques dans chaque pièce. Pour retrouver le plan, il suffit de « marcher » mentalement chez vous. Cette technique utilise la mémoire spatiale, beaucoup plus puissante que la mémoire abstraite.
Les acronymes et phrases loufoques
Plus l’image est absurde, mieux le cerveau la retient. (Exemple classique : « Mais où est donc Ornicar » pour les conjonctions).
Conclusion : Améliorer sa mémoire est un travail global. C’est l’alliance d’une bonne stratégie de révision (active recall), d’un corps sain et d’un cerveau stimulé. Soyez patient : la consolidation de la mémoire prend du temps, mais avec de la régularité, vous retiendrez tout le Code civil !
Quand s’inquiéter ? Avoir des pertes de mémoire ou des oublis (« Où sont mes clés ?« ) en période de fatigue intense est normal. Cependant, si ces troubles deviennent handicapants au quotidien, parlez-en à votre médecin traitant pour écarter toute carence.
Une question ? Prenez un rendez-vous téléphonique avec notre Directrice Pédagogique !



Très bon conseil, j’invite les autres de consulter cet article afin d’appliquer ça!
Je demande aux autres confrères et amis de retenir ce petit conseil.